top of page
DSC06095.jpg

Torrent

Après avoir subi plusieurs « séminaires » aux Torrents du ciel, association religieuse organisant des thérapies de conversion, David est reçu au foyer d’accueil médicalisé Les Rougets, foyer regroupant des résident.es en situation de handicap mental. Un matin, David décède d’une overdose. Une enquête est ouverte.

 

Note d’intention

Depuis quatre ans, chaque été, je travaille la nuit au sein d’un FAM (foyer d’accueil médicalisé) pour personnes en situation de handicap mental et physique. Depuis quatre ans, je suis au plus près de vies qui oscillent entre le bloc opératoire d’un hôpital et la chambre d’un autre et qui, une fois la nuit tombée, se confient, s’apaisent parfois, ou se transforment en tornades de violences et d’émotions (très) fortes. J’ai ainsi été spectateur (et parfois acteur) de scènes tragiques mais aussi (souvent) comiques. Cela m’a beaucoup inspiré et m’a donné envie d’écrire Torrent. L’histoire de Torrent met en avant la reconstitution d’une enquête autour du meurtre/suicide(?) d’un jeune homme ayant subi des thérapies de conversion, thérapies au cœur de nombreux mythes et désinformations, voire de l’inconnu total pour une grande partie de la population.

 

Ainsi, il existe une nécessité urgente à parler de ce sujet, ces sujets. Ceux du handicap mental, du milieu médical, des dangers des (« nouvelles ») drogues, de grandir/vivre queer au sein d’une famille religieuse (pratiquante ou non), des thérapies de conversion… Ce spectacle aimerait développer plusieurs intrigues, celle de l’histoire, mais aussi celles des sujets abordés par la pièce qui amèneront le public à se questionner. Torrent ne se définira pas comme un spectacle-produit consommé mais comme la suite d’un raisonnement collectif contre les discriminations. Comment « parler » de cette « nécessité urgente » ?

 

Avec Torrent, la proximité entre le public et les acteur.ices sera ce qui permettra de déranger, de questionner. Une proximité possible grâce à la conception de l’espace mais aussi à la direction d’acteur.ice et à l’écriture des dialogues. Ici, le texte et les acteur.ices grandissent ensemble afin d’effacer au maximum le filtre parasite qui existe lorsqu’un.e acteur.ice prononce des mots qui ne sont pas les siens. Adieu lyrismes et jolis mots, bienvenues grossièretés et impolitesses. Aujourd’hui, quel est l’intérêt d’aller au théâtre ? Quand le cinéma ou les plateformes en ligne peuvent proposer des histoires extraordinaires, divertissantes et immersives à petits prix et accessibles depuis son canapé, quel est l’intérêt d’aller au théâtre ? Je crois que la réponse se trouve justement dans cette réalité qu’offre le théâtre et uniquement le théâtre. Cette réalité palpable et saisissante où l’acteur.ice est vivant.e au même moment que nous : ses émotions se forment, son corps tremble et se transforme, ses pensées se construisent, sa voix se déchire, le tout en direct. Ces sensations pourraient se confondre avec celle d’un grand huit : le taux d’adrénaline augmente là où il existe du suspens, un risque de danger (pour l’acteur.ice et le public).

 

Dans la continuité des deux derniers films que j’ai écrits et de mon premier seul en scène INTRO, j’aimerais poursuivre mes recherches sur la complémentarité des arts, notamment entre le théâtre et le cinéma. Comprendre comment les arts se nourrissent et étendent les possibilités de créations et d’interprétations. Dans cet élan, Torrent s’inspire de différentes esthétiques : le théâtre documentaire (ici, un théâtre voulant atteindre une prise de conscience grâce à la confrontation du public face au réalisme de la scène), le polar (l’enquête judiciaire/policière domine l’intrigue), le spectaculaire (utiliser les outils du théâtre pour créer des moments suspendus qui ne s’inscrivent pas dans un réalisme défini.

Dylan Roncin

TEXTE & MISE EN SCÈNE DYLAN RONCIN

PRODUCTION BACKROOMS

CHARGÉE DE PRODUCTION/DIFFUSION MORGANE TIGIER

INTERPRÉTATION EMMY HOUSSAIS, FOUAD NOUAR, NATHALIE N’SONGAN, INÈS QUAIREAU, DYLAN RONCIN CRÉATION SONORE YVAN BUTTAUD GALLOT LAVALLEE

VIDÉOS NATHAN VILLANNEAU

bottom of page